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3 questions à Khalil Joreige, co-réalisateur de « The Lebanese Rocket Society » (02/05/2013)

Dans « The Lebanese Rocket Society », vous racontez la création, dans les années 1960, de fusées spatiales par des étudiants de l'université arménienne de Beyrouth. Pourquoi ce projet, alors très médiatisé, a-t-il disparu de la mémoire collective ?
Khalil Joreige. Après la défaite de 1967, il y a eu un mouvement de repli, de rejet de tout ce que pouvait symboliser l'Occident. La volonté d'être en opposition avec une certaine idée de la modernité, de la contemporanéité. Joana Hadjithomas et moi avions envie de retrouver ce geste de rêveurs actifs, et de lui rendre hommage en réalisant une sculpture à l'image de l'une des fusées.

Est-ce aussi une façon pour vous de repousser les frontières de l'art en mélangeant ses différentes formes ?
Tout à fait. Nous nous présentons comme des chercheurs. Ce film fait partie d'un projet global, « Hommage aux rêveurs », avec des expositions en France, d'autres aux Etats-Unis. Un film est nourri par une pratique plastique, par la notion de dispositifs, par un certain rapport à l'image, à l'Histoire. Les uns les autres s'alimentent. Nous nous sommes souvent intéressés au déplacement du regard, dans ce film, nous nous sommes attachés au déplacement des images avec ces trois temporalités : le passé, le présent et cette animation futuriste finale.

Comment voyez-vous votre rôle d'artiste ?
Il est très important pour moi de croire que l'on peut faire des choses. Dans notre précédent film, « Je veux voir », il y avait une interrogation similaire : qu'est-ce qu'on peut faire après une guerre, quel genre de film ? On arrive à faire ce travail artistique et dans l'histoire parce qu'on le revendique dans le monde du cinéma et de l'art. C'est symbolique mais ce symbole-là est important. A partir du moment où une frontière devient mouvante, elle n'est pas naturalisée.

Florence Raillard // CineObs