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Ladder To Damascus - Le Monde critique (15/09/2013)

Plus modeste dans sa forme, mais terriblement émouvant à sa manière, Ladder to Damascus, de Mohamad Malas, a été tourné ces derniers mois clandestinement dans la capitale syrienne en guerre. La nécessaire modestie de ses moyens n'empêche pas le cinéaste de mettre en scène de belles visions - plans de visage radieux, surimpressions inspirées, qui se répondent dans une fragile poétique de la pauvreté et de l'éphémère. Comme s'il voulait créer une zone franche soustraite à la guerre, le cinéaste adopte la forme du conte pour ce récit minimaliste, centré sur une poignée d'artistes vivant dans une même maison, où la création se conçoit dans le cadre d'une vie collective harmonieuse et solidaire.

Son film met en scène l'impossibilité de ce rêve. La cour a beau être fermée, les bruits des bombes résonnent dans le ciel, les nouvelles de l'extérieur arrivent par téléphone, la guerre s'infiltre, diffuse partout sa logique de mort. Et la création reste en friche. Jusqu'à ce que, dans une dernière séquence, les artistes improvisent une performance insurrectionnelle : sur le toit, le bras tendu vers le ciel, en lançant un cri de guerre pour la liberté.

Isabelle Reignier // Le Monde