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La Vallée atmosphere d'angoisse a la Berlinale (13/02/2015)

Le réalisateur libanais est l'auteur des remarqués Terra Incognita et Temps Mort. Son film s'enroule dans une théâtralité rare : sur une route désertique, un homme a un accident de voiture, il est aidé par un mystérieux groupe de personnes. Suite au choc qui le laisse ensanglanté, il devient amnésique. Et se voit héberger par cette bande qui n'a rien de bons samaritains puisqu'ils tiennent une usine de drogue. L'homme était un hôte, il devient un otage. Ghassan Salhab installe ses personnages au beau milieu des plans, sa mise en scène façonne une atmosphère d'angoisse qui monte progressivement.

Les scènes de repas des fabricants de came, au départ remplis de paroles légères, de blagues, prennent en tension. Car, dans ce désert libanais, apparaît la menace d'un conflit armé, que l'on perçoit d'abord par des bribes d'une émission de radio. Puis, dans la partie finale du film, la guerre, la vraie, apparaît. Des avions israéliens survolent le Liban en escadrille, détruisent les villages, vont même jusqu'à raser Beyrouth. Pour mettre à l'image les destructions, incendies et bombardements, Salhab fait appel aux effets spéciaux qui, dans le cadre d'un film de ce genre (dépouillé, indépendant, à petit budget), prennent une dimension réaliste. Les habitants de l'usine de drogue, qui se baladaient avec des flingues et des fusils, se voient dépassés par la violence qui les survole. L'otage a encore moins de raisons de retrouver la mémoire puisque tous les lieux qui pourraient ouvrir la boîte de ses souvenirs sont détruits. Ghassan Salhab déroule moins un récit qu'un climat, nous plonge dans un monde filmique à la marge d'un pays où le capharnaüm règne.

Clément GHYS // Liberation