Abbout Productions
Search
Join Us On

LATEST NEWS

DÉGRADÉ / Critique - Teaser (17/05/2015)

Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l'affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d'un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales...

« Ils cherchent un lion alors qu'ils ont un pays à libérer ? » Voilà comment résumer en une réplique l'absurdité vécue par les personnages de DÉGRADÉ. Une situation surréaliste, certes, mais pourtant inspirée de faits réels : en 2007, le Hamas - alors au pouvoir à Gaza - avait lancé une opération militaire à l'encontre d'une bande mafieuse qui, pour affirmer sa puissance, avait volé son lion au zoo local. Une anecdote un peu folle qui sert de toile de fond à DÉGRADÉ et qui en dit long sur le quotidien souvent douloureusement imprévisible des gazaouis. Sur une mécanique très théâtrale - des personnages en huis clos, une dramaturgie basée sur le dialogue -, DÉGRADÉ réunit dans un salon d'esthétique un groupe de femmes disparate, aux vies et aux principes différents - religieux, notamment. Peu à peu, leur interaction met en branle le récit et de leurs disputes ou de leurs simples débats émerge une peinture de la bande de Gaza et de la vie de ses habitants. Quelques détails viennent définir leur quotidien - des coupures d'électricité se multiplient, les générateurs ne peuvent prendre le relais car l'essence n'a pas été livrée... - et se fait jour leur emprisonnement. Retenues contre leur gré dans ce petit salon de coiffure à cause de la guerre que se livrent le Hamas et des gangsters autour d'un lion, ces douze femmes en colère deviennent les représentantes d'une population enfermée dans une prison à ciel ouvert. Impossible pour quiconque de sortir de Gaza, de se rendre à Jérusalem pour se faire soigner. La force de DÉGRADÉ tient à la justesse des sentiments évoqués, à la simplicité avec laquelle les réalisateurs exposent leur propos et à la manière dont ils se jouent des idées préconçues. Certes, il n'y a rien ici de très fondamental. On pourrait même regretter que la mécanique s'épuise vite et que le récit, bien que circonscrit à 80 minutes, semble parfois étiré. Mais la qualité d'interprétation et la sincérité qui se dégage du film en font néanmoins une chronique touchante et une déclaration d'amour vibrante des frères Nasser à leurs compatriotes. Et à leur mère.

Aurélien Allin / Teaser