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Nadine Labaki, en plein drame (21/11/2011)

Quezako ? Dans la banlieue nord de Beyrouth, à la fin de l’été 1976. Sur le point de se marier, Noha décide soudain de changer d’avis et de refuser cet engagement qui devait lui éviter de coiffer le bonnet de vieille fille.

Et alors ? Voilà le volet principal d’une trilogie voulue par le réalisateur libanais (avec Jeunesse du soir, déjà tourné et La Chenille, en cours de production). Chaque récit se passe à un moment particulier de l’histoire du pays et raconte le destin particulier dans la vie d’une femme. Conçue à la façon d’une tragédie grecque, le scénario a pour toile de fond une fatalité libanaise, celle de la guerre qui gronde dans le lointain. Présente par petites touches mais pas omniprésentes, et c’est toute la finesse du metteur en scène (il avait 11 ans quand a éclaté la guerre civile).

Georges Hachem note : “La guerre de 1976, et les acteurs de la guerre n’y sont pas visibles. C’est l’équivalent de ces dieux que l’on ne voit pas et qui décident du destin des héros des tragédies antiques” .
Dans ce climat de tension et de pré-guerre de cet été 76, ce mariage symbolise l’illusion d’une vie encore normale avec au cœur du récit la figure de Noha, l’irréductible, admirablement subtilement interprétée par Nadine Labaki et que l’on ne connaissait pas dans un tel registre plus dramatique. En suggérant par des plans simples, en jouant sur une lenteur certaine, le réalisateur nous plonge au cœur du malaise vécu par cette jeune femme et qui ne peut conduire qu’à un traumatisme profond.

Si la guerre n’est pas le sujet du film, celui-ci est aussi bien -et c’est là toute sa force- une réflexion sur la condition féminine que sur les bouleversements de valeurs nés d’un pays qui va exploser. Et puis, Georges Hachem y signe un beau portrait de femme qui se bat contre le poids des traditions, de la famille, de l’ordre…

Francois Cardinali // 7ème ART, DRAME, STARS / travellingue.wordpress.com