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Balle Perdue - Critique Excessif (23/11/2011)

Balle perdue est un film aux apparences trompeuses. S'il commence comme la banale histoire d'une femme, dans la banlieue nord de Beyrouth à la fin de l'été 76, sur le point de se marier mais qui est toujours amoureuse de son ex, il va peu à peu basculer dans la tragédie avec pour toile de fond, la guerre du Liban. A travers, l'histoire de cette femme et d'une famille qui va se déchirer, le réalisateur Georges Hachem, dont c'est le premier long métrage, va suggérer les blessures d'un pays qui a vu ses frères s'engager dans une longue guerre civile.

En situant l'action de Balle perdue juste avant que le conflit ne reprenne pour quinze ans, il en profite pour dépeindre la tentative des habitants de reprendre une vie normale avec ses conventions, ses rituels, ses faux-semblants qui peinent à masquer que le conflit couve, prêt à exploser à tout moment comme l'héroïne du film. Mais, mis à part une scène d'exécution, le réalisateur ne fait que suggérer le conflit, ne montre pas ses stigmates dans la ville, ce sont ses personnages qui vont s'en charger, soit dans leurs actes, soit dans leurs paroles.

Malgré une mise en scène parfois un peu lassante sans grand dynamisme, composée souvent de longs plans, Balle perdue parvient à nous saisir, notamment quand les choses commencent à tourner mal. Mais surtout, il parvient à nous captiver grâce à son actrice principale, Nadine Labaki, star du cinéma libanais depuis le succès de Caramel, dont le personnage porte non seulement le lourd fardeau de la dure condition féminine mais aussi la détresse d'un monde en train de s'écrouler sans trop savoir pourquoi.

Olivier Corriez // Excessif