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5 raisons de voir? Je veux voir (02/12/2008)

Envoûtant road movie, habité par Catherine Deneuve dans un Liban détruit par la guerre. Ni fiction ni documentaire, mais vraie réflexion sur la brutalité du monde.

1 LA VISION DES RÉALISATEURS

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige sont nés à Beyrouth et travaillent ensemble en tant que plasticiens et cinéastes. Ils ont réalisé plusieurs documentaires, des courts et des longs métrages comme A Perfect Day, en 2006. 

L'idée de Je veux voir est née après la guerre de juillet 2006 qui opposa le Liban à Israël. Ils ont écrit l'histoire de ce voyage depuis Beyrouth jusqu'au sud du pays. «Le scénario, confient-ils, ressemble beaucoup au film fini. Pourtant, tout ce qui advient est de l'ordre de l'aventure documentaire.» Ce mariage entre fiction et réalité, loin de brouiller les cartes, oblige le spectateur à s'interroger sur son propre rapport film.

2 LA PRÉSENCE DE CATHERINE DENEUVE

C'est le coproducteur du film, Tony Arnoux, qui a présenté l'actrice française au duo de réalisateurs. ces derniers cherchaient une «icône» pour donner sens à leur projet. À travers la découverte du Liban par Catherine Deneuve et sa rencontre avec Rabih Mroué qui effectue le voyage à ses côtés, le film pose un regard sans complaisance sur un monde blessé : «La présence de Catherine, expliquent les deux cinéastes, crée une part d'onirisme, un événement improbable au milieu des destructions . De fait, elle dégage de la fiction?»

3 LA DOUCEUR DE RABIH MROUE

Je veux voir s'articule comme un road movie à travers le Liban. L'essentiel du film se déroule dans la voiture qui entraîne dans le sud du pays Catherine Deneuve et le comédien et metteur en scène libanais, Rabih Mroué. Celui-ci, âgé de 41 ans, est notamment connu internationalement pour ses performances, ses vidéos et ses pièces de théâtre. Son physique longiligne et gracieux, sa voix douce et sa retenue insufflent au film une élégance rare. Le passage où il récite, en libanais, un extrait de Belle de jour près de Catherine Deneuve, justifie presque à lui seul le déplacement.

4 UN FILM DE PAIX

«Il n'y a pas de propagande, de parti pris politique, d'accusations, expliquent les deux réalisateurs. Le propos n'est pas là. Le fait qu'il y ait eu une rencontre entre Catherine Deneuve et Rabih Mroué fonctionne vraiment comme un espoir de paix.» En effet, Je veux voir n'a rien d'un brûlot. Il est, au contraire, une oeuvre qui contient une portée universelle. Le titre même du long métrage renvoie inévitablement au film d'Alain Resnais Hiroshima, mon amour (1959) et à la fameuse problématique qu'il distille : les images peuvent-elles traduire les horreurs de l'histoire ?

5 LA PUISSANCE DES IMAGES

Je veux voir a été tourné en seulement sept jours, au Liban, dans un climat de tension palpable. L'équipe, tributaire du bon vouloir des différentes autorités sur place, a réalisé un vrai exploit pour venir à bout de ce projet. Une enreprise qui se démarque en particulier par sa qualité visuelle. 

On retiendra la projection des immeubles de Beyrouth sur le visage de Catherine Deneuve ou encore les plans des caterpillars broyant les ruines des maisons détruites par les bombes en toute fin de film. Le chef opérateur, Julien Hirsch, est français. Il a notamment travaillé avec André Téchiné et Jean-Luc Godard.

Studio CineLive