Abbout Productions
Search
Join Us On

LATEST NEWS

A Perfect Day: Un morceau du Liban (28/02/2006)

CINÉMA. Pour Malek c'est un grand jour ou au moins un moment exceptionnel au milieu d'un Beyrouth toujours blessé par la guerre. Ce jour-là, il va se rendre avec sa mère chez un avocat pour déclarer officiellement la mort de son père disparu quinze ans plus tôt, et il va tenter de reconquérir Zeina, la femme qu'il aime et qui refuse de le revoir. Mais Malek a une particularité : il est victime du syndrome de l'apnée du sommeil qui le saisit dès qu'il s'immobilise. Comme cette ville arrêtée sur son malheur...
La métaphore est évidente. Au milieu d'une ville en ruine, un jeune homme essaie de repartir de zéro et de se reconstruire enfin. Un père définitivement absent sans être mort, une fiancée qui lui tourne le dos, une mère qui l'accapare, et ce sommeil intempestif qui veut effacer les traces de la réalité : Malek veut rouvrir les yeux sur ce «jour parfait» qui le fera renaître.

Perdu dans le chaos, les encombrements, les bruits, la poussière, une humanité se cherche pour trouver une issue et la réalisatrice filme en parallèle Beyrouth, personnage principal de cette aventure explicitement symbolique. Entre le sommeil et le réveil, la vie qui repart et la mort consommée, il s'agit bien du Liban qui panse ses blessures, après avoir longtemps contemplé ses plaies.

On comprend le message comme on suit le destin du héros ; on redécouvre Beyrouth comme on découvre Malek, l'un et l'autre confondus dans une semblable démarche. La ville est un être vivant et l'homme un morceau de cette ville en marche, murmure ce film bouillonnant et furieux, douloureux et révolté. Comme le Liban.

Dominique Borde // Le Figaro