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Une Chanson Dans La TĂȘte - Avoir A Lire Critique (13/08/2008)

Quarante-cinq tours et puis s'en va. Les sourires retrouvés de Patrick Chesnais et du Liban méritent bien le déplacement.
L'argument : Dans les années 70, Bruno Caprice a connu un succès éphémère avec Quand tu t'en vas, son premier et unique 45 tours. Aujourd'hui oublié, il gagne sa vie comme réceptionniste dans un grand hôtel parisien. Suite à une rupture sentimentale, Bruno a le blues. Mais un coup de fil inattendu va changer le cours de sa vie : un riche industriel libanais lui propose de venir chanter à Beyrouth. Car au Liban, sa chanson est toujours dans la tête des gens.

Le Liban, malgré les bombes, respire. Il s'y dégage des bulles d'oxygènes et d'optimisme, des envies irrépressibles de paix, de liberté et tout simplement de vie. Bosta, l'autobus et Caramel nous montraient la formidable allégresse de la population durant l'accalmie. Maintenant Une chanson dans la tête reprend cette jovialité tout en gardant les combats en toile de fond. Il en ressort forcément une nostalgie pour la quiétude et notamment pour cette époque folle des années 70, durant laquelle les ringardises françaises faisaient des cartons dans les juke-box et le bonheur des Libanais.

Hany Tamba a eu l'excellente idée de faire revivre un chanteur fictif de cette époque, Bruno Caprice, un single, un seul, mais un hit. Aujourd'hui tombé dans l'oubli dans son pays, mais toujours vénéré par certaines dames du coin, ce crooner looser, c'est Patrick Chesnais, le sourire toujours chiche, parfait dans le rôle du gars abîmé par la vie, et aigri par la déception d'une existence médiocre qui pourrait s'achever avec la rupture douloureuse qu'il est en train de vivre. Quand un industriel le convie pour chanter son tube auprès de son épouse, sa carrière (un bien grand mot) connaît un rebond pathétique, mais permet surtout à l'homme de connaître une résurrection miraculeuse, tandis que son auditoire libanais, des personnalités cocasses, entre beautés typées et balourds extravagants, retrouve la sérénité dans la lourdeur des bombes. Le spectateur, lui, est souriant. Il peut se féliciter d'avoir passé un très agréable moment.

Frederic Mignard // Avoir-a Lire