Six artistes, dont Charlie Prince, primés par la Fondation Boghossian
L'Orient-Le Jour

Afin de donner la possibilité à de jeunes Libanais de s’ouvrir au monde grâce à l’art, la Fondation Boghossian, dirigée par Louma Salamé, décerne chaque année trois prix dans différentes disciplines artistiques. Pour la sixième édition du prix, le jury a choisi de récompenser de la somme de 10 000 dollars un peintre, une graphic designer et un danseur, et de saluer le travail de trois autres artistes, en parallèle. Comme le remarque le « fondateur et esprit de la Fondation » Jean Boghossian lors de la remise des prix à la villa Audi, en présence de la représentante du ministre de la Culture, Anne-Marie Afeiche, directrice des Musées du Liban, « ces arts visuels constituent un langage universel de l’imagination par-delà les limites que la politique, l’identité et la religion ont montré par le passé ».

Dans le domaine de la danse, c’est le Libanais Charlie Prince, âgé de 27 ans et élevé entre le Canada et le Liban, qui a été mis à l’honneur. Le danseur contemporain – par ailleurs lauréat du deuxième prix L’OLJ-SGBL de la saison 2 de Génération Orient a été remarqué par les membres du jury pour sa « maîtrise technique, sa passion, son professionnalisme et son talent très prometteur ». La deuxième lauréate, Tala Safié, Libanaise de 27 ans, a été saluée pour la « diversité de son œuvre en design graphique, son énorme potentiel et sa personnalité unique ». Absente, c’est sa mère Hind Darwish qui est venue remercier le jury à sa place, soulignant « l’importance de pouvoir réaliser soi-même des projets personnels en tant que graphic designer ». Quant au prix de la peinture, il a été remis à Serge Manouguian, un artiste de 29 ans. C’est la troisième année que le jeune artiste se porte candidat au prix Boghossian et pour lui, les refus qu’il a essuyés par le passé lui « ont permis de donner une direction plus claire à son travail ». Il définit son œuvre comme étant « cathartique et figurative, une métaphore des états d’âme humains entre la persévérance de l’individu et l’incertitude du monde dans lequel nous vivons ».

Cette année, le prix Boghossian a également remis deux autres prix en partenariat avec des associations culturelles libanaises. Avec l’association al-Sabil, qui œuvre à la promotion de la lecture par le développement des bibliothèques publiques, la Fondation a récompensé deux auteurs de littérature jeunesse en langue arabe, Nassim Alwan pour #Hashtag et Mohamad Ismail pour Rebelle. Ensuite, en partenariat avec la fondation Liban Cinéma, le réalisateur Walid Mouaness a été récompensé pour son long métrage 1982. Une histoire d’amour autobiographique que Mouaness souhaite être une représentation de l’identité libanaise, dont il décrit le manque dans le paysage du cinéma national.

Le prix de la Fondation Boghossian a su reconnaître une diversité de jeunes talents ayant en commun une œuvre profondément humaniste, portée vers le rapprochement des cultures et des civilisations. Et Jean Boghossian de conclure, citant Nietzsche : «Heureusement que nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité ».